Revue canadienne d’orthophonie et d’audiologie

Habiletés morphosyntaxiques des enfants sourds porteurs d’implants cochléaires : une revue systématique

 
Auteur(s) France Hallé, M.Sc.
Louise Duchesne, PhD
Volume 39
Nombre 3
Année 2015
Page(s) 260-97
Langue Français
Catégorie
Mots-clés implant
cochléaire
enfant
morphosyntaxe
évaluation
langage
Abrégé Thanks to an increasingly early implantation, the majority of children with cochlear implants (CCI) now succeed in reaching the standard with regards to overall language skills. However, some difficulties persist in morphology. This study therefore attempts to better understand morphosyntactic skills, the means to evaluate these skills and the tasks that provide a detailed description of same. In terms of methodology, a systematic review of the scientific literature published between 2000 and 2013 helped us identify 215 publications of which 18 studies analysed included children who received their implant before the age of 36 months. The results confirm the inferior performance in morphology by CCI’s, especially in the complex stages of grammatical development. Their typical errors, often omissions and substitutions, involve the less salient and more exacting morphemes with regards to perceptual, semantic, and grammatical processing, that is agreement markers for gender and number of determinants and clitic pronouns, as well as verbal flexions. Our study demonstrates that global tests, specialized tests, and questionnaires only provide a partial image of the difficulties in morphosyntax, such that the analysis of the spontaneous language still remains the best tool for the clinician to identify CCI’s real abilities and challenges. Future research should therefore attempt to develop standardised and more sensitive evaluation tools that are better adapted to the realities of CCI’s, leading to a more targeted and efficient intervention.

Grâce à une implantation de plus en plus précoce, la majorité des enfants porteurs d’implant cochléaire (EIC) réussissent désormais à atteindre la norme sur le plan de leurs habiletés langagières globales. Toutefois, des difficultés persistent en morphologie. Cette étude vise donc à mieux connaître leurs habiletés morphosyntaxiques, les moyens d’évaluer ces habiletés et les tâches qui en donnent une description détaillée. Au plan méthodologique, une analyse systématique de la littérature scientifique publiée entre 2000 et 2013 a permis de recenser 215 publications dont 18 études analysées comptaient des enfants ayant reçu leur implant avant 36 mois. Les résultats confirment les performances inférieures en morphologie des EIC, particulièrement aux stades complexes du développement grammatical. Leurs erreurs typiques, souvent des omissions et des substitutions, touchent les morphèmes moins saillants et plus exigeants en matière de traitement perceptuel, sémantique et grammatical, c’est-à-dire les marques d’accord en genre et en nombre des déterminants et des pronoms clitiques ainsi que les flexions verbales. Notre étude démontre que les tests globaux, les tests spécialisés et les questionnaires ne fournissent qu’un portrait partiel des difficultés en morphosyntaxe, de sorte que l’analyse du langage spontané s’avère encore le meilleur outil dont dispose le clinicien pour identifier les capacités et difficultés réelles des EIC. Les prochaines recherches devraient donc s’employer à développer des outils d’évaluation standardisés plus sensibles et mieux adaptés aux réalités des EIC, ce qui conduirait à une intervention plus ciblée et plus efficiente.
ID 1181
Lien http://cjslpa.ca/files/2015_CJSLPA_Vol_39/No_03/Paper_3_CJSLPA_Fall_2015_Vol_39_No_3_Halle_Duchesne.pdf
 
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